ROSSINI Matilde di Shabran / Flórez, Mariotti 0743813

. . . [la mise en scène de Mario Martone] exploite à merveille le formidable décor . . . l'irrésistible Olga Peretyatko, héroine mutine dont le timbre de vif-argent fait merveille dans ce répertoire . . . le chic et le chien sont le complément rêvé d'une agilité sans failles . . . Dans un rôle où il peut laisser libre cours à ses dons comiques, Juan Diego Florez triomphe évidemment . . . Son Corradino chante divinement et fait rire par le désarroi où le plonge un amour imprévu. Très amusante se révèle la comtesse de Chiara Chialli . . . Nicola Alaimo est un médecin fort bien chantant, et Anna Goryachova en travesti fait entendre une magnifique voix grave, à laquelle les micros permettent d'être parfaitement audible sur toute la tessiture. Ce qui frappe surtout, dans cet opéra, c¿est la rareté des airs en solo, auquel Rossini a substitué une multitude de duos, trios et ensembles, d¿où une richesse sonore exceptionnelle. Michele Mariotti est le maître d'oeuvre idéal pour ce genre de résurrection, et il sait conserver l'élan d'une partition d'une durée quasi wagnérienne . . .

. . . [une] interprétation de gosiers d'or . . . absolument indispensable. Juan Diego Flórez est absolument incroyable, voire inhumain, dispensant à l'envie roulades et suraigus, en rajoutant si besoin en était encore. Sa jolie petite gueule et ses talents d'acteur, patents dans le registre comique, sont suffisants pour nous scotcher devant notre écran. A cela s'ajoute la délicieuse prestation d'Olga Peretyatko, aussi belle à voir qu'à entendre, autant impeccable au plan technique que son partenaire. Son final, explosion de joie digne de celui de la Cenerentola, est à lui seul un moment d'anthologie. Anna Goryachova est un très bel Edoardo, qui connaît bien les règles du belcanto . . . L'Isidoro de Paolo Bordogna possède une vis comica de facade, mais il chante bien, tout autant que le très stylé Nicola Alaimo. Chiara Chialli est hilarante en comtesse jalouse . . . Les seconds rôles sont très bien tenus. Michele Mariotti connaît tous les secrets de la direction rossinienne, et le montre avec brio.

La distribution est assez luxueuse avec Juan Diego Flórez dans le rôle de Corradino . . . Olga Peretyako, Anna Goryachova et Nicola Alaimo sont tous excellents et font de leur mieux pour donner du relief à un livret assez mal ficelé (les récitatifs, très beaux et de facture mozartienne, plombent beaucoup le rythme) . . . Michele Marioti déploie aussi une belle énergie à la tête de l'Orchestre et du Choeur du Teatro Communale de Florence.

. . . la pyrotechnie [d' Olga Peretyatko] fait jeu égal avec l'inégalable Florez. Le tout entouré par une distribution sans faille dirigée de main de maître par le chef qui monte au firmament de l'opéra italien, Michele Mariotti, dont le dynamisme, le sens des couleurs et la versatilité font des miracles.