Mahler Das Lied von der Erde Kathleen Walter 4665762

Ferrier's "The Lonely One in Autumn" and the final "Farewell" are profoundly penetrating. Walter too is glorious.

The recording by her which always stays in my mind is the "Abschied" from Mahler's "Das Lied von der Erde". It is her voice I hear whenever this work is played. Others have sung the music as movingly and often with splendid vocal quality but none affects me to quite such an extent. There are no words to convey adequately the emotions experienced when Kathleen's burnished tones and expressive diction combine in Mahler's magnificent composition.

. . . it's hard to hold back the tears, especially in "Der Abschied".

Lorsque Kathleen Ferrier arrive à Vienne le 13 mai 1952, elle se sait, depuis un an déjà, atteinte d'un cancer. Trois jours en studio ont été prévus pour graver "Le Chant de la terre", une de ses partitions fétiches . . . l'auditeur ne peut le soupconner un instant: prodige d'un chant détaché des contingences du corps et qu'aucun effort ne semble affecter. Ce que l'auditeur perçoit, en revanche, à travers les inflexions d'une voix gorgée d'humanité, c'est le sens particulier pris soudain par le lied "Ich bin der Welt abhanden gekommen" ("Je me suis retiré du monde"). Le même sens que revêt "l'Abschied" du "Chant de la terre": un adieu à la vie, qui est à la fois celui que décrit le poète, celui que le compositeur met en musique, et celui, bien réel hélas, de l'interprète. Moment sans équivalent dans l'histoire du disque, où l'art et l'existence se confondent pour partager le lit de la tragédie . . . Le disque préserve l'airain que recèle cette voix unique. C'est le chant de la terre, c'est le chant de l'amour et de la mère, le chant de la bonté consolatrice vibrant dans l'harmonie des sphères.