ROSSINI Otello / John Osborn, Cecilia Bartoli 0743865

Sophisticated and expressive performance . . . an intelligent, modern-dress staging . . .

. . . it¿s always a treat to watch (and listen to) Italian opera superstar Cecilia Bartoli in action: she's still at the top of her game in these relative rarities by Giacomo Rossini, a comic romp and dark tragedy . . . the soprano is heartbreaking as the innocent Desdemona. On Blu-ray, the hi-def transfers and sound are peerless.

The major challenge of this work is its requirement for four tenors (none of whom can be second tier) and a stellar female lead. The current production fulfills these requirements and will satisfy operagoers enthralled by coloratura style, vocal embellishments, and all being at the top of the staff. Sensitive leadership by Maestro Tang, an experienced Rossinian, gives us a most satisfying two and a half hours . . . There is great visual synergy between Olivier Simmonet's dramatic concepts and his videographers. Stage action, such as it is, and the balance between panoramic shots and close ups is near perfect. "Otello" is one of Rossini's most dramatically intense operas and this video gets us right into the center of the drama.

. . . the stagecraft and sheer intelligence of the Leiser/Caurier production, set in modern times and acted with skill and imagination by the entire cast, make an extremely good case for [Otello] . . . Osborne sings with appreciable technical command and dramatic insight. So does Cecilia Bartoli, once again in shining form as Desdemona, while Javier Camarena returns in the beefed-up part of Rodrigo, seizing his every opportunity; the same can be said of Edgardo Rocha as the sinister Iago and Peter Kálmán as Elmiro . . . That the piece stands up so well is due not only to the cast and production; credit is also due to Muhai Tang, who certainly knows how to make Rossini's score sound vital and dramatically engaged.

Decca a en effet eu la bonne idée de graver cette production avec la superlative Cecilia Bartoli comme point d'ancrage . . . John Osborne nous ravit d'aigus sublimes et virtuoses, Javier Camarena apporte une élégance aristocratique et glaciale à la fois tandis qu'Edgardo Rocha offre quant à lui un naturel et une évidence qui ancrent cette distribution dans le réel. Saluons également en cette réussite le travail réalisé avec le chef chez qui on sent une belle attention aux détails et à l'expressivité . . . Un comble quand on a pour soi Cecilia Bartoli. En tout point au-dessus de tout qualificatif, elle justifie à elle seule, s'il était besoin, l'acquisition de ce programme. Tant de musicalité (désarmant "Air du Saule"), tant de virtuosité et de présence vocale sur toute la tessiture . . . La mezzo-soprano fait montre d'un évident esprit d'équipe, tant dans les ensembles vocaux que dans son rapport à l'orchestre, notamment lors des récitatifs orchestrés, parfaitement millimétrés quant aux notes et au texte . . . Images: La production particulièrement sombre profite au maximum de la Haute Définition . . . [les contrastes] sont assez probants . . . Son: Le mixage stéréo offre une très bonne lisibilité à l'expression vocale que l'orchestre soutient au mieux . . . Le message global est particulièrement clair et une dynamique agréable accompagne l'écoute. Avec la piste multicanale, la projection vocale est accentuée au point d'apporter un relief supplémentaire à l'image. Les timbres vocaux sont mieux affichés et l'orchestre trouve une étoffe digne de ses musiciens. La dynamique, bien supérieure, électrise la scène avant, secondée par un caisson de graves parfaitement intégré à l'ensemble.

John Osborn possède tous les atouts indispensables au rôle-titre: graves nourris, médium puissant et un aigu facile et arrogant. Doté d'un timbre plus clair et légèrement métallique, Edgardo Rocha est un Iago méchant à souhait. Javier Camarena enfin -- voix veloutée, vocalises déliées, suraigu décoiffant -- fait de Rodrigo un héros romantique. S'il participe à l'intrigue de Iago, s'il attaque Otello, c'est par amour pour Desdémone. Celle-ci trouve en Cecilia Bartoli une interprète de premier rang. Parfaitement à l'aise dans cette tessiture ambigue, mi-mezzo, mi-soprano, elle triomphe des vocalises périlleuses du finale II avant de nous toucher dans une romance du saule profondément habitée. Parmi les rôles secondaires, soulignons la belle voix chaude de Liliana Nikiteanu en Emilia et l'Elmiro puissant de Peter Kálmán. Muhai Tang, au pupitre d'un orchestre La Scintilla brillant de tous feux, s'avère un excellent chef rossinien, tour à tour énergique ou élégiaque, détaillant avec finesse les richesses instrumentales de l'orchestration . . . [la caractérisation des personnages et la direction d'acteur] forcent le respect. Points de gestes vides, de bras ouverts sans raison, de mains portées pathétiquement sur la poitrine. Au contraire: même dans les airs les plus longs où rien ne s'y passe et le texte est répété pour la dixième fois, le jeu des chanteurs reste crédible. C'est déjà beaucoup . . .