DOLCE DUELLO Cecilia & Sol 4832467

. . . un récital atypique qui touche par son intériorité et sa finesse introspective . . . Qu'il s'agisse de Cecilia Bartoli mezzo au timbre si caractérisé, ou de la violoncelliste Sol Gabetta dont le sens des nuances intérieures s'épanouit sur le même mode intérieur, l'air redouble de caresses intimes, plis et replis d'une pudeur en extase contrôlée, filigranée grâce à l'exquise sensibilité des deux artistes en dialogue chambriste . . . [le magnifique air de "l'Arianna" de Haendel] accrédite cette accord intérieur à deux voix d'une très belle cohérence artistique . . . Aucun doute, ces deux artistes là se sont bien trouvées . . . [dans le Concerto pour violoncelle de Boccherini] c'est bien l'étonnante vocalité de l'instrument soliste, associé au hautbois dans le mouvement lent, qui s'épanouit, au point de donner l'impression que le chant de la mezzo qui a précédé, colore encore les volutes très fines du violoncelle, au chant riche en velouté moiré, suave, introspectif. Original par son programme, associant deux sensibilités parmi les plus intéressantes et les mieux abouties de l'heure . . . Cecilia Bartoli et Sol Gabetta font ici la preuve d'un éloquence intérieure, mêlant virtuosité et profondeur des intentions, finesse et intelligence des options expressives . . . Deux immenses interprètes qui ont le génie du partage, voire de la complicité assumée, inspirée . . .

. . . la virtuosité joue son rôle dans ces airs, quand la voix dialogue avec l'instrument soliste, mais jamais Cecilia Bartoli ne tire la couverture à elle. Les vocalises sont exécutées avec une vraie délicatesse, sans jamais forcer, et l'on a moins le sentiment de cette alternance systématique entre airs furieux et airs calmes. Le Caldara initial, d'une durée de dix minutes, se termine sur le fil de la voix. Même sérénité dans l'Albinoni, pourtant plus guilleret que la plainte de la reine "d'Egypte Nitocris" . . . [dans le violoncelle de Sol Gabetta il y a] une douceur qui n'exclut nullement l'expressivité. Quand à la Cappella Gabetta . . . , elle s'inscrit dans la même optique de sobriété, sans surenchère interprétative, comme le confirme l'exécution du concerto de Boccherini, animée comme il convient, mais pleine de mesure.